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Les drogues font rêver, dans tous les sens du terme. Non seulement parce qu'elles altèrent les perceptions et plongent leurs usagers dans des états euphoriques ou hallucinatoires, mais aussi en dopant l'imagination collective. La culture occidentale développe autour des stupéfiants et des toxicomanies une véritable mythologie, mêlée d'appréhension et d'envie.
La science-fiction (SF) met en scène ces fantasmes avec une fécondité remarquable. Inspirés par l'évolution des sciences et des moeurs, ses auteurs ont inventé toute une pharmacopée imaginaire. Des molécules sans équivalents chimiques connus, qui procurent à ceux qui les absorbent des pouvoirs surhumains ou les précipitent au contraire dans d'atroces dépendances. Ces produits ne sont pas que des expédients romanesques. Leur apparition dans des histoires de SF exprime souvent, en les dramatisant, les craintes et les désirs que la drogue suscite dans nos sociétés. Le recul de la fiction incite à la prise de conscience.
Les drogues choisies font l'objet d'un descriptif, qui détaille leurs effets et les replace dans l'oeuvre dont elle sont tirées. Leurs créateurs défilent, d'Homère à Greg Egan, en passant par Verne, Huxley, Burroughs, Herbert et bien sûr Philip K. Dick et ses délires psychédéliques. A chaque étape, s'ouvre une lucarne sur un « espace intérieur » original. Dessins, gravures, tableaux et photos imagent le propos. Et surtout - en exclusivité - un échantillon de chaque substance est présenté au public, dans son emballage d'origine !
Des mythes antiques à la SF contemporaine, Stups & fiction propose une évasion autant qu'une réflexion.
L'exposition est une adaptation de l'essai « Stups & fiction - Drogue et toxicomanie dans la science-fiction », de François Rouiller, Encrage/Les Belles Lettres : Travaux bis, Amiens 2002.
Une exposition de la Maison d'Ailleurs, en collaboration avec François Rouiller et at-elier.net