Professionel·les du jeu
Aurélie Belzanne
Après une prépa HEC puis une école de commerce, j’ai fait mes premiers pas dans l’industrie du divertissement lors de mon stage de fin d’études. En 1999, je rejoins Columbia Sony Music comme chef de produit, où je travaille notamment autour d’artistes comme Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman et Destiny’s Child le groupe de Beyoncé, avant de rejoindre l’univers en plein essor du DVD.
En 2003, je change d’univers. Gameuse depuis toujours, je rejoins Ubisoft et participe au lancement de Beyond Good & Evil, avant de travailler sur les franchises Splinter Cell, Prince of Persia et Assassin’s Creed. J’évolue ensuite vers un poste de Group Manager, avec la responsabilité du segment des jeux familiaux, notamment des marques Rabbids et Léa Passion.
En 2011, après mon installation à Bordeaux, je rejoins Asobo Studio comme Directrice Marketing & Communication, accompagnant notamment les sorties de Kinect Rush, Hololens, A Plague Tale: Innocence et Requiem, Microsoft Flight Simulator. Mais depuis longtemps, une autre envie me motive : écrire. Changer de voie après des années dans le marketing n’est pas forcément simple, mais il y a environ quatre ans, l’opportunité s’est présentée. J’ai progressivement rejoint les équipes de production d’Asobo en tant que scénariste.
Avec le recul, mon parcours peut sembler assez atypique. Pourtant, chaque étape m’a finalement construite. Je n’ai jamais vraiment su à quoi ma carrière allait ressembler, mais l’envie d’écrire, elle, ne m’a jamais quittée. Même dans mes précédents métiers, c’est toujours la créativité qui m’animait.
Cette reconversion, je la dois aussi beaucoup aux personnes rencontrées en chemin et notamment aux managers qui ont cru en moi. Virginie, Geoffroy, Cédric, David : merci. Votre confiance a compté plus que vous ne l’imaginez.
Quand on arrive dans un nouveau métier sans avoir suivi le parcours « classique », le syndrome de l’imposteur ne tarde généralement pas à pointer le bout de son nez. On apprend alors à regarder autrement ce que l’on possède déjà : qu’est-ce que mon expérience peut apporter ? Pour moi, l’adaptabilité, la culture générale, la curiosité et un regard un peu différent sont devenus de véritables atouts. À un moment donné, on cesse de considérer son parcours comme un problème et on commence à en faire une force.
Et s’il y a une chose que mon expérience m’a vraiment apprise, c’est celle-ci : ne jamais commencer par dire « je ne sais pas faire ». Essayer. Proposer. Se tromper. Itérer. Expérimenter. Revenir avec une meilleure idée.
Personne ne vous reprochera d’avoir essayé, même si votre première idée est imparfaite ou encore incomplète. Au fond, on apprend rarement en restant dans sa zone de confort. On apprend en faisant, en relevant des défis.
Dans notre industrie, aider les autres à avancer plus vite compte énormément. Tout le monde se trompe, tout le monde tâtonne. Ce qui fait vraiment avancer une équipe et un projet, c’est la capacité à rester lucide, astucieux, humble et aligné sur ce que l’on cherche à créer ensemble. Avec le recul, j’ai finalement construit ma carrière un peu comme on développe un jeu vidéo : à l’instinct, par itérations, réécritures et ajustements successifs, avec obstination et résilience pour continuer, jusqu’à ce que tout finisse par fonctionner. Quelque part, j’ai fini par arrêter de me demander si j’étais vraiment à ma place. J’ai plutôt commencé à me demander ce que je pouvais apporter à la build que personne d’autre ne pouvait apporter.
